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Ceux de 14 (Sous Verdun, Nuits de Guerre, La Boue, Les Eparges)
Maurice Genevoix
Editions Flammarion, Paris, 1949.

Né en 1890, Maurice Genevoix est un brillant étudiant qui intègre l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm à Paris en 1911. A peine diplômé, la guerre éclate. Il rejoint le 106ème bataillon d’infanterie en tant que sous-lieutenant. Entre septembre 1914 et avril 1915, son régiment participe aux attaques de la tranchée de « Calonne » et de la butte des « Eparges » dans la région de Verdun. Le 25 avril 1915, il est atteint de trois balles, deux au bras et une à la poitrine. Après un long séjour en hôpital il est réformé car invalide… il vivra jusqu’en 1980, après avoir connu une brillante carrière d’écrivain qui l’a notamment amené à rejoindre les bancs de l’Académie française.

De son expérience Maurice Genevoix  a publié 5 ouvrages qui reprennent dans un ordre chronologique la vie qu’il a menée avec les soldats dont il avait le commandement : Sous Verdun, en avril 1916, Nuits de Guerre, en décembre 1916, Au seuil des guitounes, en septembre 1918, La Boue, en février 1921, et Les Eparges, en septembre 1921. Tous ces écrits ont été réunis et légèrement remanié sous le titre général « Ceux de 14 » en 1949.

Ce long récit –Ceux de 14 comprend au total près de 700 pages-, Maurice Genevoix l’a rédigé à partir de ses notes prises sous le feu de l’action. C’est un témoignage de soldat, certes officiers, mais qui a vécu la guerre au milieu des soldats, avec les combats, les tranchées, les mouvements, le bruit, la soif, la boue. Le style littéraire est très fluide, les dialogues sont poignants de vérités, le rythme associe longueur et rapidité comme pour se faire l’écho de l’attente dans les tranchées et de la vitesse des tirs. A chaque page, on se demande « mais quand est-ce que les combats vont cesser, stop, plus jamais cela » ! C’est si authentique. Si pris sur le vif. Si Vrai.

En 1972, Maurice Genevoix est revenu une nouvelle fois sur ses mois passés au front. Il a rédigé, non pas un roman mais une réflexion – témoignage sur la mort, intitulée La mort de près. Cet écrit relate les « trois expériences de la mort » qu’il a vécu, et dont voici un extrait :
« Ce cri rauque, étranglé, qui m’est resté dans les oreilles, qui l’a poussé ? Est-ce lui, ce premier mort dépassé ? Je viens d’en apercevoir un autre, un troisième. J’ai entendu aussi, très nettement, à ne pouvoir m’y tromper, le choc des balles qui entraient dans les corps, bref, étouffé, comme d’une lame de couteau assenée par un poing furieux. Désormais, je sais que le ‘le feu tue’ ».